En 1712, le prince Eugène est sur le point de percer le rideau de places fortes protégeant la frontière nord du royaume en assiégeant Landrecies, qui barre la vallée de l ’Oise.
Louis XIV confie alors la seule armée qui lui reste au maréchal de Villars. Celui-ci feint de préparer une attaque massive pour rompre l’encerclement de Landrecies, afin d’obliger le prince Eugène à y concentrer un maximum de troupes.
Mais, dans la nuit du 23 au 24 juillet, l’armée de Villars se dérobe discrètement pour effectuer un raid de 32 kilomètres vers le nord-ouest afin de couper les voies de communication des assaillants.
Après avoir franchi l’Escaut, les bataillons de l’infanterie française saisissent tout le convoi de ravitaillement de l’armée impériale, puis se rabattent sur la citadelle de Denain, qu’ils emportent en un assaut irrésistible en détruisant ou capturant toute sa garnison.
N’ayant pu intervenir efficacement à temps, le prince Eugène doit, après l’échec de sa contre-offensive, lever le siège de Landrecies et se replier au nord, ses magasins étant perdus et sa ligne de communication coupée.
Cette longue mais discrète marche nocturne, suivie de l’attaque résolue d’une position solide et du rejet des contre-attaques ennemies, a montré la détermination des fantassins français.
Briscards des Vieux Corps, paysans enrôlés dans la milice, gentilshommes de Province et mercenaires suisses ont conquis ensemble un des plus beaux titres dont l’infanterie puisse légitimement s’enorgueillir : le sauvetage du royaume. |